lundi 1 octobre 2012

Quelle langue parlaient nos ancêtres préhistoriques ?

« Voilà pourquoi, quand vous entreprenez une recherche nouvelle, il vaut mieux laisser fonctionner votre intuition et ne pas commencer par vous faire une grosse bibliothèque et lire tout ce que les autres ont écrit avant vous. Lisez leurs livres, après ! Pour avoir des idées neuves, il ne faut pas être prisonnier des autres. »
Marcel Loquins,
Quelle langue parlaient nos ancêtres préhistoriques ? 
  2002.
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L’idée est vraie. C’est probablement à l’intuition, et sans doute parce qu’il n’est ni linguiste, ni paléontologue, que Marcel Loquins a réussi à entreprendre cette passionnante recherche sur les langues préhistoriques. Peut-être même, parce que son propre patronyme évoque plus qu’étrangement celui d’un véritable descendant des premiers Homo loquens…
Car Marcel Loquins épie, dans la paléontoponymie notamment, les mots qui eurent voyagé depuis que l’Homme entra dans une caverne pour y loger ; et bien avant, dit-il ! Ainsi, traque-t-il même le mot homme (« Ecce homo ») et, bien évidemment, le mot qui désigna Dieu ou quelque divinité, et qui serait — avec certitude, selon lui — Hel,
premier témoignage d’un langage articulé, première syllabe prononcée et transmise dans l’histoire de l’oralité, premier élément qui permet, aujourd’hui, de pointer la différence essentielle entre l'Australopithèque et « l’animal pensant »... et donc parlant, que nous sommes devenus.
Autant que nous trouvons, parfois, quelque présence d’une plante ou d’un insecte creusé dans un extrait de roche, autant Marcel Loquins collectionne les phonèmes fossiles qu’il découvre. Qu’il découvre, comme s’il ramassait des cèpes, des girolles, des chanterelles, car Loquins est, au départ, et reconnu comme tel, un spécialiste mondial des champignons — discipline pour laquelle il effectue des comparaisons surprenantes avec l’évolution des langues préhistoriques.
Autre parallèle évident pour lui, le babil du bébé, qu’il confronte avec le langage qui s’installa progressivement, durant un million d’années, chez nos très lointains ancêtres : les consonnes, que l’enfant distingue, puis parvient à maîtriser, inverser avec ses sons de voyelles, seraient sensiblement les mêmes qui évoluèrent avec le temps selon que le larynx se transformait. Selon Marcel Loquins, la progression du langage parlé serait donc à ranger parmi les « catastrophes » historiques les plus importantes de l’histoire de l’Humanité. C'est également le sentiment auquel parvient Elsinoé, le programme informatique doué d'une mauvaise foi sans égale que le chercheur a inventé pour l'aider à conclure sa thèse.

Un livre relu, pour répondre à une question semblable au titre de ce livre, posée par Lena.

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